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Titre: Carcinomes du Rhinopharynx chez l’adulte Profil épidémiologique et facteurs de risque dans l’Ouest Algérien

Domaine: Médecine

Filière: Médecine

Option: Epidémiologie et Médecine Préventive

Auteur: BOUMANSOUR Naouel Fatima Zohra ép MOUMENE

Soutenu (e) le: 11/02/2020

Sous la direction de: MIDOUN Nori, Professeur, Université Oran 1

Le président du jury : AHMED FOUATIH Zoubir Kamel, Professeur, Université Oran 1

Examinateur1: BELKAID Rosa, Professeur, Université d'Alger

Examinateur2: TALEB Mourad, Professeur, Université de Sidi Bel Abbès

Examinateur3: FERGOUG Ibrahim, Professeur, Université Oran 1

Mention: Trés Honorable

Résumé:

Introduction : Le cancer du nasopharynx (CNP) est le cancer le plus fréquent de la tête et du cou en Algérie. Son incidence est de 3,2 cas pour100 000 estimée par l’Organisation Mondiale de la Santé en 2018. Les hommes sont deux à trois fois plus touchés que les femmes, et son pic d’incidence se situe autour de 50 ans. Son étiologie est multifactorielle, incluant une interaction entre facteurs génétiques, viraux (lien constant avec le virus Epstein Barr) et environnementaux. L’objectif de notre recherche est d’établir un profil des caractéristiques cliniques et épidémiologiques des carcinomes du rhinopharynx de la population adulte Ouest algérienne et d’identifier et de mesurer les principaux facteurs de risque diététiques, environnementaux et génétiques des CNP. Patients et méthodes : Il s’agit d’une étude cas-témoins, appariés sur l’âge et le sexe, réalisée au niveau de l’Etablissement Hospitalier et Universitaire d’Oran (EHUO) et du Centre Anti Cancer (CAC) d’Oran, sur une période de deux ans. L’étude compare les patients (120 cas) ayant un carcinome du nasopharynx avec une preuve histologique, et résidant dans l’Ouest algérien, à des personnes indemnes de cancer (120 témoins). Le traitement statistique des données pour l’étude des facteurs de risque est basé sur une analyse multivariée selon un modèle de régression logistique binaire, obtenue avec le logiciel SPSS20, à la recherche de variables explicatives qui sont susceptibles de s’intégrer au modèle. Ce choix a été fondé sur la pertinence clinique et fonctionnelle obtenue à partir d’une recherche bibliographique approfondie en tenant compte des facteurs de confusions avérés. Les catégories de variables à intégrer dans le modèle multivariée sont celles pour lesquelles l’association avec la variable dépendante est suffisamment forte (p ≤ 0.20). Pour rendre l’équation utile à des fins de prévision, nous avons intégré le maximum de variables explicatives dans le modèle et toutes les procédures de régression ont été examinées. Résultats : L’âge moyen des patients au diagnostic est de 45,2 ± 2,5 ans avec un sex ratio de 2,2. Le pic de fréquence se situe entre 40 et 49 ans avec 30,0% des cas. Les adénopathies sont le signe révélateur le plus fréquent du CNP (39,5%). Plus de la moitié des patients sont diagnostiqués à un stade avancé (stade IV). Le taux de survie global est estimé à 94,2% à 3 ans. Les facteurs de risque statistiquement liés aux CNP selon l’analyse univariée sont les métiers de construction (maçon) [OR = 3,2], d’agricultures (agriculteurs/éleveurs) [OR = 3,9], les manœuvres d’usines [OR = 5,6] et les coiffeurs [OR = 2,1], les antécédents familiaux de CNP [OR = 2,1], la vie en milieu rural [OR = 4,5], les fumées domestiques [OR = 30,1], la proximité avec des animaux domestiques [OR = 2,2] ainsi que et l’inhalation de fumées de bougies [OR = 9,9]. Les facteurs alimentaires à risques sont, le piment vert [OR = 4,4), les agrumes [OR = 2,1], les légumineuses [OR = 2,8], le lait bouilli [OR = 1,9], le khlii [OR = 2,0], le Smen [OR = 2,9], les graisses séchées [OR = 3,6] et la charcuterie [OR = 3,3]. Il n’existe aucune relation statistiquement significative entre le polymorphisme génétique XRCC3 et la survenue du CNP dans notre population. Le modèle multivarié retient les facteurs suivants : L’habitat dans un haouch, la profession d’agriculteur, l’exposition à des produits toxiques et des fumées domestiques, la consommation de piment, d’agrumes et de charcuteries. En revanche, la consommation du café et des fruits sont des facteurs protecteurs du CNP. Conclusion : Notre étude confirme l’étiologie multifactorielle du cancer du nasopharynx, dans notre région impliquant ainsi l’interaction de différents facteurs génétiques, environnementaux et diététiques.


Mots clefs: Cancer du nasopharynx, Profil épidémiologique, Facteurs de risque, Régression, Polymorphisme génétique.