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Titre: Cancer de prostate localisé : évaluation du PSA et de testostérone avant et après traitement par radiothérapie conformationnelle

Domaine: Médecine

Filière: Médecine

Option: Biochimie

Auteur: SAADI Amal Soulef ép OUSLIM

Soutenu (e) le: 29/06/2017

Sous la direction de: KHALDI Houria, Professeur, Université d'Oran 1

Le président du jury : HARIZI M, Professeur, Université de Sidi Bel Abbés

Examinateur1: YOUSFI M.D, Professeur, Université d'Oran 1

Examinateur2: BENCHIKH Nasreddine, Professeur, Université de Mostaganem

Mention: Très honorable avec félicitations du jury

Résumé:

Le PSA est le marqueur le plus sensible du cancer de la prostate de même que le dosage de testostérone permet d’évaluer la sexualité et la fonction érectile des patients qui ont subi une radiothérapie. Si l’augmentation de la concentration sérique de PSAt peut correspondre à une rechute on observe dans certains cas une élévation transitoire de cette concentration sans rechute : phénomène appelé « bouncing » ou « Spike » ou « rebond » qui correspond à une élévation transitoire de PSAt. L’identification de rechute et des rebonds devient un souci important pour le clinicien car les rebonds sont fréquents et alarmants. L’évaluation en post radiothérapie des dysfonctions sexuelles en général et de la dysfonction érectile en particulier nécessite d’en définir les règles au même titre qu’en matière de récidive carcinologique. L’utilisation prospective de questionnaires post- thérapeutique est donc un préalable indispensable comme le dosage de la testostérone permet d’apprécier l’atteinte. OBJECTIFS : nos principaux objectifs sont : -Différencier la récidive biologique du rebond de PSA et en évaluer la survie. - Evaluer le profil sexuel des patients irradiés. MATERIEL ET METHODES : notre étude a porté sur 89 Patients atteints d’un cancer localisé de prostate (T1b à T2c selon la TNM et score de Gleason < 8) dont 87.6% avaient des adénocarcinomes. Tous les patients ont eu un dosage initial de PSAt et de testostérone puis 3mois après la radiothérapie avec un suivi régulier à 6, 9, 12, 18 et 24 mois et ils ont répondu à un questionnaire sur l’évaluation de leur sexualité après 24 mois de traitement. Age moyen étant de 62.69 ans sur une période du 11 octobre 2009 au 11 juin 2015. Les dosages sont effectués par Electrochimiluminescence : méthode ECLIA sur automate Elecsys 2010 et Cobas e411 au niveau du service de biochimie CHU Oran. RESULTATS : La médiane de survie est de 65 mois ou on a 65 patients en rémission complète et on note les rechutes jusqu’à 25 mois de suivi. En respectant la définition de Phoenix sur la récidive biochimique on note 24 cas sur les 89 patients de notre série ou la survie est bonne 73% à 15 mois. Dans notre série, l’intervalle qui a été retrouvé est de 0.2 ng/ml à 0.8 mg/ml avec un maximum de valeurs des rebonds à 0.4 ng/ml, le maximum des rebonds est retrouvé dans la 2eme classe de PSA à 24 mois. On note le maximum de rechutes à 6-7 mois (10 cas) et 9-11 mois (10 cas) après irradiation c’est dans la classe 4 qu’on retrouve la presque totalité des rechutes p < 10-3 .Tous les cas de rechute biochimique sont retrouvés dans les classifications T2c et au scores de Gleason 7 (p = 0.004). Dans notre série l’âge est un facteur significatif dans la récidive biochimique (p < 10 -3) de même que la dose d’irradiation est fortement significative avec un p = 0.025. Les variations des moyennes de testostéronémie sont très significatives p < 0.05. Dans les cas de valeurs trop basses cela influence défavorablement la sexualité des patients. La fréquence des rapports sexuels a une signification importante p = 0.008, l’intensité des rapports sexuels aussi p < 10 -3. L’interrelation de la prise de traitement médical et la notion de satisfaction des patients est fortement significative avec un p < 10-3. Seul 71 patients (79.8%) ont acceptées de prendre le traitement médical. Les pertes urinaires posent un problème pour les patients (très gênantes). La sensation de masculinité est perturbée depuis la fin du traitement (11.2% soient 10 patients). CONCLUSION : Le dosage des marqueurs tumoraux n’a de sens que s’il contribue à améliorer la survie et la qualité de vie. L’identification de rechute des rebonds devient un souci important car les rebonds sont fréquents et alarment le médecin et entrainent une anxiété chez le patient et une décision thérapeutique multidisciplinaire et très couteuse. La prise en charge des rechutes biologiques de PSAt doit être rapide et ciblée pour éviter les complications mais les rebonds doivent être interprétés avec soins. Les biochimistes qui développent les dosages tumoraux doivent s’investir fortement pour une mise à jour permanente des connaissances en biologie et en cancérologie afin de participer pleinement à la lutte contre le cancer. Le cancer de prostate et ses traitements affectent gravement la sexualité des hommes. Les répercussions en sont multiples, à la fois sur la qualité de vie, l’humeur, et la relation de couple. Aucun des traitements proposés ne laisse jamais vraiment indemne la fonction sexuelle. Tous les hommes confrontés à un cancer de prostate n’en souffrent pas autant de la même manière, mais il est fortement conseillé au médecin d’étendre la prise en charge à ses aspects sexuels, psychologiques et relationnels, et ce, très précocement, quelle que soit la stratégie thérapeutique envisagée.


Mots clefs: PSAt, Testostérone, Rechutes, Rebond, Troubles sexuels, Cancer de prostate, Radiothérapie.